Pour organiser les secours, l’employeur doit prévoir comment le salarié donnera l’alerte, qui recevra l’alerte et comment les secours trouveront le salarié. L’organisation doit aussi prévoir le cas où le salarié ne peut plus parler ni appeler. Un appareil d’alarme ne remplace pas cette organisation.
Vérifier d’abord si le travail peut se faire à deux
En France, l’article L4121-1 du Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé et la sécurité des travailleurs par une organisation et des moyens adaptés. L’employeur doit d’abord chercher à éviter ou limiter l’isolement, puis évaluer les situations qui subsistent.
L’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) rappelle que les résultats de cette évaluation doivent figurer dans le document unique d’évaluation des risques. Pour préparer les secours, l’évaluation doit notamment examiner les difficultés à appeler et le risque d’une intervention tardive.
Une alarme ne permet pas de contourner une interdiction de travailler seul. Par exemple, l’article R4323-61 du Code du travail interdit de laisser seul un salarié dont la protection contre les chutes repose sur un équipement de protection individuelle antichute, faute de protection collective.
Écrire la conduite à tenir avant le départ
La Mutualité sociale agricole (MSA) recommande notamment un planning accessible, des contacts réguliers et la désignation de personnes chargées de donner suite aux alarmes. Ces mesures permettent de préparer une chaîne d’alerte, plutôt que de compter sur une absence remarquée par hasard.
Une consigne opérationnelle peut suivre cet ordre :
- Identifier le lieu et l’activité. Tenir à jour un planning qui indique où travaille le salarié et quelle tâche le salarié réalise.
- Désigner les personnes qui recevront les alertes. Vérifier leur disponibilité pendant les périodes de travail isolé et prévoir un relais en cas d’absence.
- Fixer les contacts attendus. Définir une fréquence d’appels ou de messages avec le salarié.
- Prévoir la réaction à une absence de réponse. Écrire qui tente de joindre le salarié et qui déclenche les secours selon la situation.
- Préparer la localisation. Rendre le planning accessible aux personnes chargées de réagir, notamment si le salarié ne peut plus répondre.
La consigne doit distinguer un contact périodique manqué d’une alarme signalant une détresse. Pour chaque situation, préciser l’action attendue et la personne chargée de l’exécuter.
Choisir un moyen d’alerte adapté au lieu et à l’activité
Un téléphone permet de communiquer, mais le salarié blessé peut être incapable de l’utiliser. La couverture réseau doit aussi être vérifiée sur les lieux réels d’intervention, pas seulement à proximité des bureaux.
Un dispositif d’alarme du travailleur isolé (DATI) peut détecter une absence de mouvement, une perte de verticalité ou une chute brutale. L’alerte peut transmettre la position du salarié pour aider les secours à le trouver.
| Moyen | Utilité pour l’alerte | Point à prévoir |
|---|---|---|
| Téléphone, appels ou messages | Maintenir un contact avec le salarié | Définir la fréquence des contacts et la réaction en cas de silence |
| DATI | Détecter certaines situations et transmettre une alerte avec une position | Désigner une personne qui donnera suite à l’alarme |
| Application ou bouton d’alerte sur téléphone | Permettre le déclenchement d’une alerte | Vérifier les fonctions retenues et la couverture réseau |
| Talkie-walkie | Maintenir une liaison, notamment en forêt | Prévoir comment localiser le salarié ; certains appareils disposent d’une fonction de localisation |
La cartographie des zones sans réseau fait partie des préparatifs recommandés par la MSA. Une zone sans réseau doit conduire à revoir le moyen de communication ou l’organisation du travail, plutôt qu’à conserver une alerte qui ne peut pas être transmise.
Prévoir la suite de l’alarme, pas seulement sa réception
La personne chargée des alertes doit pouvoir consulter le planning à jour. Le planning sert à orienter les recherches lorsque le salarié ne répond pas, notamment si le salarié change de lieu pendant son activité.
La consigne doit préciser qui alerte les secours et quelles informations transmettre : lieu de travail, activité prévue et éléments reçus avec l’alarme. Prévoir cette transmission avant l’accident évite de devoir reconstituer l’organisation dans l’urgence.
Selon l’INRS, la mise à disposition d’un DATI ne peut jamais constituer l’unique mesure prise pour organiser les secours. Le point à vérifier reste le même : une personne disponible donnera-t-elle effectivement suite à l’alerte ?
Questions fréquentes
Un salarié seul dans un bâtiment est-il forcément un travailleur isolé ?
Il n’existe pas de définition réglementaire générale du travail isolé en France. L’INRS décrit une situation où le salarié ne peut pas être vu ou entendu directement par d’autres personnes et où la probabilité de visite est faible.
Le règlement intérieur peut-il encadrer le travail isolé ?
L’employeur peut préciser dans le règlement intérieur les autorisations à solliciter pour travailler seul. Le règlement intérieur peut aussi désigner les catégories de salariés susceptibles d’être affectées à ces tâches.
Faut-il prévoir une formation au secourisme ?
La MSA recommande de former les travailleurs au sauvetage secourisme du travail. Cette formation complète l’organisation de l’alerte et des secours ; la formation ne remplace ni les contacts prévus ni les personnes chargées de réagir.
