Fiche pratique

Travailler seul par grand froid : les risques et les précautions

Personne emmitouflée dehors par grand froid

Le froid peut provoquer une hypothermie, avec fatigue, confusion et perte de conscience. L’isolement peut aggraver l’accident : le salarié peut ne plus réussir à appeler, et personne ne remarque son état. Les précautions prioritaires sont de limiter l’exposition, de privilégier le travail à deux et de prévoir une alerte efficace si le salarié reste seul.

Repérer le danger avant la confusion

Selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS), la vigilance s’impose dès que la température ambiante, mesurée à l’abri du vent, descend sous 5 °C. Ce repère de prévention n’est pas un seuil légal. Entre 5 °C et 15 °C, l’inconfort et les risques indirects existent déjà.

L’hypothermie correspond à une température interne inférieure à 35 °C. L’hypothermie est une urgence grave : les signes d’alerte comprennent les frissons, le manque d’énergie, la fatigue et une peau froide.

La désorientation, la confusion ou la perte de conscience font aussi partie des signes d’alerte. Pour un salarié seul, ces troubles peuvent compromettre l’appel aux secours et l’explication du lieu où se trouve le salarié.

Réduire l’exposition et éviter les tâches en solitaire

En France, l’article R4223-15 du Code du travail impose à l’employeur de protéger les travailleurs contre le froid et les intempéries, après avis du médecin du travail et du comité social et économique. L’article R4225-1 prévoit aussi que les postes extérieurs permettent de quitter rapidement le poste en cas de danger ou d’être secouru.

L’employeur doit chercher à éviter l’isolement lorsque l’organisation du travail le permet. Si l’isolement demeure, l’employeur évalue les risques et consigne les résultats dans le document unique d’évaluation des risques.

Pour le travail au froid, les mesures d’organisation portent notamment sur :

  • la limitation du temps d’exposition ;
  • la limitation du travail sédentaire au froid ;
  • des pauses adaptées et une récupération supplémentaire après une exposition à des températures très basses ;
  • la limitation du travail intense ou, à défaut, une organisation en binôme.

Le travail à deux permet de ne pas laisser le salarié sans présence à proximité. Les vêtements de protection doivent compléter les mesures d’organisation, sans remplacer la limitation de l’exposition.

Vérifier que l’alerte peut réellement aboutir

Un téléphone à disposition ne suffit pas à garantir une communication. Avant une intervention isolée au froid, l’employeur doit prévoir des moyens de communication et d’alarme adaptés au lieu de travail.

La préparation doit couvrir la couverture réseau, le lieu précis de l’intervention et les personnes disponibles pour recevoir une alerte. Un planning accessible et des appels ou messages à une fréquence fixée permettent de suivre l’activité du salarié isolé.

Un dispositif d’alarme du travailleur isolé (DATI) peut détecter une absence de mouvement, une perte de verticalité ou une chute brutale. Le DATI peut transmettre une alerte avec la position du salarié pour réduire le délai d’intervention.

L’employeur doit désigner les personnes chargées de donner suite à l’alarme et repérer les zones sans réseau. Le DATI ne peut pas constituer l’unique mesure d’organisation des secours.

Réagir aux signes d’hypothermie sans réchauffement brutal

En présence de signes d’hypothermie, le premier réflexe est d’alerter les secours : le service d’aide médicale urgente (Samu) au 15 ou les pompiers au 18. Un salarié encore capable d’appeler doit signaler son état et son emplacement.

Pour une victime parfaitement consciente, les gestes de protection comprennent la mise à l’abri du froid, l’isolation du sol et le remplacement des vêtements mouillés. Des couvertures sèches ou une couverture de survie doivent protéger le corps et la tête.

Une boisson chaude est réservée à une victime consciente et sans trouble. En cas de doute, notamment si les frissons ont disparu, si la peau est glacée ou en présence de gelures, les gestes doivent suivre les instructions d’un médecin.

Une hypothermie grave expose à un arrêt cardiaque lors de manipulations ou d’un réchauffement. Le réchauffement brutal est donc à éviter.

Questions fréquentes

Un salarié habitué au froid est-il mieux protégé ?

L’habitude ne dispense pas des mesures de prévention. À la différence de la chaleur, le froid ne donne pas lieu à une période d’acclimatation.

Quelle durée de pause faut-il prévoir ?

Il n’existe pas de durée générale de pause applicable à toutes les situations de travail au froid. L’organisation doit adapter les pauses à l’exposition et prévoir une récupération supplémentaire après des températures très basses.

Peut-on confier une intervention à un salarié mineur ?

En France, le Code du travail interdit d’affecter les moins de 18 ans à des travaux exposant à une température extrême susceptible de nuire à leur santé. L’employeur ne doit pas traiter une telle affectation comme celle d’un salarié majeur.